Superman bat Hulk, Batman l’emporte sur Captain America et Wolverine triomphe de Lobo : ces résultats appartiennent à DC versus Marvel, la mini-série qui oppose les héros des deux éditeurs en 1996. Mais ces victoires ne constituent pas un classement officiel des personnages les plus puissants. Sur les onze duels principaux, cinq ont été décidés par les lecteurs, tandis que les six autres relevaient de l’équipe créative.
Quatre numéros pour mettre deux univers en compétition
Publiée de février à mai 1996, cette mini-série réunit DC Comics et Marvel Comics autour d’un même récit. Chaque maison publie deux des quatre numéros, avec une variation du titre : DC vs. Marvel ou Marvel vs. DC. Ces deux appellations désignent donc le même événement, et non deux histoires concurrentes.
Le scénario est signé Ron Marz et Peter David, avec des dessins de Dan Jurgens et Claudio Castellini. Le projet dépasse la rencontre ponctuelle entre deux vedettes : il fait entrer en collision les deux univers, multiplie les face-à-face et transforme la rivalité entre éditeurs en enjeu narratif.
Dans l’histoire, deux entités cosmiques, présentées comme des frères et incarnant chacune un univers, prennent conscience de leur existence respective. Elles imposent une compétition à leurs champions : l’univers perdant doit disparaître. Les héros ne combattent donc pas simplement pour leur réputation, mais pour préserver leur monde et ses habitants.
Ce principe explique le choix d’affrontements immédiatement lisibles : Superman contre Hulk pour la force, Flash contre Quicksilver pour la vitesse, Batman contre Captain America pour le duel entre combattants tactiques. Ces rapprochements servent le spectacle sans rendre les personnages parfaitement équivalents.
Les onze combats et leurs vainqueurs
Le tableau rassemble les onze duels principaux. Il faut les distinguer des escarmouches secondaires et des confrontations présentes sur les supports promotionnels. Le mode de décision est essentiel : un résultat voté n’a pas la même origine qu’une issue écrite directement par les auteurs.
| Personnage DC | Personnage Marvel | Vainqueur | Décision |
|---|---|---|---|
| Aquaman | Namor | Aquaman | Équipe créative |
| Catwoman | Elektra | Elektra | Équipe créative |
| Flash | Quicksilver | Flash | Équipe créative |
| Green Lantern | Silver Surfer | Silver Surfer | Équipe créative |
| Robin | Jubilee | Robin | Équipe créative |
| Captain Marvel, dit Shazam | Thor | Thor | Équipe créative |
| Batman | Captain America | Batman | Vote des lecteurs |
| Superman | Hulk | Superman | Vote des lecteurs |
| Wonder Woman | Storm | Storm | Vote des lecteurs |
| Superboy | Spider-Man | Spider-Man | Vote des lecteurs |
| Lobo | Wolverine | Wolverine | Vote des lecteurs |
Des circonstances qui comptent autant que les pouvoirs
Certains combats reposent sur une astuce plutôt que sur une supériorité brute. Aquaman neutralise ainsi Namor en faisant intervenir une baleine. Robin utilise ses moyens de contention contre Jubilee. Dans le duel opposant les deux héros liés à la foudre, Thor perturbe la transformation de Captain Marvel : la mécanique des pouvoirs devient une faiblesse exploitable.
Les cinq rencontres soumises au vote comportent elles aussi des nuances. Wonder Woman renonce à l’avantage du marteau de Thor avant d’affronter Storm. Le combat entre Wolverine et Lobo masque une partie de l’action derrière un comptoir. Quant à Spider-Man, il s’agit ici de Ben Reilly, et non de Peter Parker : un détail important pour identifier précisément les protagonistes.
Le vote des lecteurs n’est pas un verdict sur la puissance
La participation du public est l’une des particularités de l’événement. Cinq résultats sur onze sont attribués au vote des lecteurs ; les six autres sont fixés par l’équipe créative. Le bilan des duels donne ainsi six victoires à Marvel contre cinq à DC, mais cette arithmétique ne résume ni la fin du récit ni la valeur respective des univers.
Un scrutin mesure le choix des participants dans le cadre proposé. Il ne démontre pas qu’un personnage gagnerait dans toutes les situations, avec toutes ses incarnations et face à toutes les versions de son adversaire. Le décor, l’équipement, la retenue morale et les conditions de victoire restent déterminants pour lire un affrontement.
Pour comparer utilement deux héros, cherchez le levier qui fait basculer la scène : une transformation interrompue, un objet abandonné, une immobilisation ou un terrain favorable. Cette lecture distingue la puissance disponible de la puissance effectivement mobilisée. Elle explique pourquoi un résultat spectaculaire peut être cohérent dans une séquence précise sans devenir une règle générale applicable à tous les comics.
La bonne formulation reste donc « Batman remporte ce duel contre Captain America », plutôt que « Batman est définitivement supérieur à Captain America ». La mini-série raconte un événement particulier ; elle n’établit pas un barème universel entre les catalogues des deux éditeurs.
Amalgam : la fusion qui change l’enjeu du récit
La menace de disparition conduit le Spectre, du côté DC, et le Tribunal vivant, du côté Marvel, à chercher une autre issue. Leur intervention entraîne la fusion des deux univers. C’est la naissance d’Amalgam, un monde où les personnages combinent des identités, des pouvoirs et des histoires provenant des deux maisons.
Dark Claw associe ainsi Batman et Wolverine, tandis que Super-Soldier réunit Superman et Captain America. Doctor Strangefate mêle notamment Doctor Strange et Doctor Fate. L’intérêt ne tient pas seulement aux costumes : ces créations imaginent des biographies communes, comme si les héros fusionnés avaient toujours appartenu au même univers.
Access, le passage entre les mondes
Access occupe une place centrale dans cette résolution. Capable de passer d’un univers à l’autre, il contribue à restaurer leur séparation. Batman et Captain America jouent également un rôle dans le dénouement : leur courage et leur engagement permettent aux entités de reconnaître la valeur des deux mondes plutôt que d’exiger l’élimination de l’un d’eux.
La conclusion déplace ainsi le propos. Après avoir vendu l’idée d’une compétition, le récit affirme que les deux univers méritent d’exister. Amalgam n’est donc pas un simple supplément fantaisiste : cette fusion constitue une étape majeure entre le tournoi et le rétablissement de mondes distincts.
Repérer la bonne édition et les autres rencontres DC-Marvel
Pour retrouver l’histoire, recherchez les deux variantes du titre ainsi que les noms des scénaristes. Un recueil broché paru en septembre 1996 compte 192 pages et porte l’ISBN 1-56389-294-4. Il rassemble la mini-série et Doctor Strangefate #1. Cet identifiant concerne cette édition précise, pas toutes les publications françaises ou étrangères.
Une édition omnibus a également été publiée en octobre 2024. Pour un achat, vérifiez toujours la langue, le sommaire et le format : un recueil de crossovers, les quatre fascicules d’origine et une publication Amalgam ne proposent pas nécessairement le même contenu.
L’événement s’accompagne aussi de cartes à collectionner SkyBox/Fleer : 100 cartes de base, dont une checklist et 99 cartes réparties en quatre types, ainsi que 18 Impact, 12 Holo F/X, 2 Mirage et 4 Amalgam Preview. Leurs confrontations ne doivent pas être ajoutées au tableau des onze duels de la mini-série.
Enfin, cette rencontre n’est ni la première ni la seule collaboration entre les éditeurs. Superman vs. The Amazing Spider-Man paraît en 1976, suivi de Superman and Spider-Man en 1981, puis de The Uncanny X-Men and The New Teen Titans en 1982. Plus tard, JLA/Avengers réunit les équipes dans quatre numéros publiés entre septembre 2003 et mars 2004. Ce sont des œuvres distinctes : pour lire le tournoi et comprendre Amalgam, le point de départ reste bien la mini-série de 1996.
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